Action sociale du Casip
Benevoles du Casip

Didier Sitbon : Le droit au progrès

Didier Sitbon est un scientifique, mais sa vocation est de transmettre, d’enseigner. Jeune étudiant en Physique fondamentale à Paris VII, il se fait de l’argent de poche en donnant des cours de soutien avec son ami d’enfance Jean-Marc Fitoussi.

C’est le déclic : diplômes en poche, les deux amis décident de se lancer dans le soutien scolaire ‘’autrement’’. Leur ambition ? C’est d’abord un refus de la fatalité et la conviction de pouvoir aider tous ces jeunes en difficultés, souvent submergés par la brutalité du système : « ils doivent pouvoir s’en sortir en allant au bout de leurs potentialités, à nous de les accompagner et de les aider à prendre conscience de leurs capacités » explique Didier Sitbon. Ils démarrent modestement, en 1994, dans un petit local de la rue Montmartre, puis le succès aidant ils s’agrandissent rapidement.

Service familial

Aujourd’hui les deux hommes, plus liés que jamais, dirigent ensemble, une constellation de 8 établissements allant du Collège et lycée privé jusqu’à l’Ecole Hôtelière en passant par des filières de Santé ou de Communication, sans compter une antenne ouverte récemment à Tel-Aviv.

Didier Sitbon ne se contente pas de diriger : il reste en contact avec ses élèves en continuant à enseigner. Professeur-entrepreneur donc ! De ces années d’expérience au plus près de ces ados en décrochage, il en a fait une véritable expertise : « ceux qui ne rentrent pas dans le moule ont juste besoin d’attention, de suivi, de méthode et d’outils bien sûr, mais surtout de beaucoup d’humain ».

« Les aider à croire en eux ! »

Et de l’humanité Didier Sitbon n’en manque pas : s’il cultive la discrétion, ses actes parlent pour lui. Né à Sarcelles dans une famille modeste, il n’admet pas qu’un jeune ne puisse trouver sa place faute de choix : « moi je l’ai trouvé et je n’oublie pas d’où je viens : savoir tourner son regard vers les autres c’est important et on peut faire de très belles choses quand on est solidaire ». Il y a 12 ans, après une conversation avec un père désemparé de ne pouvoir payer des cours de soutien à son enfant, il prend conscience qu’ils sont nombreux à rester sur le bord de la route, avec des parents souvent trop peu instruits pour les aider : « Tout le monde ne nait pas dans une famille de centralien ! Alors quand on a des difficultés scolaires et pas d’argent on ne peut rien faire ?? ».

Epaulé par sa femme très engagée sur la question sociale, ils imaginent ‘’Soutien J’’ : Progress peut fournir des locaux et du matériel mais qui pour évaluer les enfants réellement dans le besoin ? Qui pour donner des cours ? Tenace, il cherche des partenaires : il fait appel au Casip qui accepte tout de suite d’identifier des enfants en difficultés scolaires parmi les familles défavorisées suivies par l’institution.

Et ce sont des étudiants de l’UEJF, issus de formation Grandes Ecoles, et organisés en équipes qui s’engagent à donner bénévolement les cours du dimanche matin : « on a les meilleurs à chaque poste » affirme Didier Sitbon. Et de fait cela marche : ils sont une cinquantaine d’enfants à être suivis gratuitement, après s’être engagés à respecter les règles de bon fonctionnement de ce cours du dimanche où, sous la houlette de leurs aînés, entre croissants et exercices, l’ambiance est à la fois studieuse et chaleureuse. Pour Didier Sitbon, lui-même père de 3 enfants, c’est un challenge à relever et il avoue que ce qui le motive le plus « c’est quand ils me disent ce qu’ils sont devenus ! ». Il incarne lui-même un bel exemple pour tous ces jeunes.

Et comme disent les anglo-saxon ‘’work in progress’’, le chantier reste ouvert !