Action sociale du Casip
Benevoles du Casip

Dossier : « pour réussir demain »

A l’heure où Parcours Sup attribue les places de 3eme cycle aux futurs bacheliers, il est temps de penser aux aides dont peuvent bénéficier nos jeunes au cours de leurs études. Dans ses actions en faveur de l’éducation, le Casip a noué plusieurs partenariats pour l’accompagnement aux devoirs. La Fondation également en charge de la gestion de Fonds et de Legs spécifiquement dédiés à la jeunesse, attribue aussi des prêts ou des bourses dont peu de familles connaissent l’existence. Petit tour d’horizon.

L’Aide aux devoirs : le devoir de les aider

« Aujourd’hui comme hier, c’est par le savoir et la connaissance que l’on réussit à s’en sortir, à s’ouvrir aux autres, à trouver sa place : les enfants qui arrivent ici sont déjà cabossés par la vie, mais ils ont un potentiel et c’est à nous de les aider à se révéler ». Passionnée et pleine d’une conviction forgée au fil de l’expérience, cela fait 10 ans qu’Orly Knafo dirige, au sein du Service Social du Casip, le ‘’Service Familiale Paris’’ (avec une antenne banlieue indépendante). Sa mission : tisser des partenariats avec d’autres institutions ou associations pour accompagner les enfants en difficultés scolaires du CP à la Terminal. Pour ces jeunes en ‘’décrochage’’, souvent issus de familles nombreuses ou monoparentales et dont les parents sont dans l’incapacité de les aider, l’accompagnement scolaire n’est pas un simple confort mais une planche de salut. A chaque tranche d’âge un suivi adapté est mis en place gratuitement ou quasi.

Service familial

Du CP à la 6eme, c’est la Coopération Féminine, très ancienne institution du FSJU qui, fidèle à une de ses premières actions, continue d’aider les petits du CP à la 6eme. En coordination avec les services sociaux du Casip, les dames de la « Coop » proposent et supervisent des bénévoles pour une aide aux devoirs à domicile.

Pour la même tranche d’âge et au-delà, la Colonie Scolaire située dans le 20eme arrondissement de Paris, rémunère des jeunes étudiants Bac+3 pour qu’ils dispensent des cours de soutien. Soit le vendredi après l’école, dans les locaux de l’association, soit à domicile notamment quand il s’agit de familles nombreuses. Créée en 1926 cette association organise des colonies de vacances et continue de soutenir une cinquantaine d’élèves. « Le Casip paye la cotisation annuelle de 60€ pour les enfants dont les familles sont suivies par ses services sociaux » explique Betty Sitbon, responsable de l’association.

Au niveau Collège-Lycée, le Casip est en partenariat avec le Cours privé Progress et l’Union des Etudiants Juifs de France. Ce sont des étudiants de grandes écoles membre de l’UEJF qui, le dimanche matin, donnent gratuitement des cours de soutien dans les matières principales (math, physique, français) à une cinquantaine d’élèves dans les locaux de Progress (voir ici le Portrait de Didier Sitbon).

Enfin, il y a les actions de l’Union Libérale des Israélites de France, toujours en partenariat avec le Casip, et selon les sensibilités religieuses de chacun. L’ULIF offre d’une part des cours de soutien classiques dans le cadre de son projet ‘’Main dans la main’’ et d’autre part une dizaine d’enfants sont suivis durant toute leur scolarité et 4 d’entre eux obtiennent une bourse post bac.

« En fonction de la situation de chacun, et quel que soit le service concerné nous activons l’une ou l’autre solution » explique Orly Knafo. Bien sûr ces initiatives sont destinées aux jeunes dont les parents sont dans une incapacité temporaire ou prolongée de financer eux même ce soutien : une façon de rétablir un peu la balance et de leur offrir une chance. Et parfois le coup de pouce peut se poursuivre au-delà du bac.

Une Bourse ou un prêt pour aller plus loin

Combien sont-ils ces étudiants qui, après avoir obtenu la place qu’ils souhaitaient dans une Grande Ecole ou un master, renoncent à poursuivre faute de moyen ? « Difficile à chiffrer » estime Judith Abéassis, longtemps en charge de l’attribution des bourses au Casip : « Mais peu d’étudiants savent qu’ils peuvent bénéficier, en plus des aides de l’état, de certaines bourses ou prêts qui leur permettraient de faire la différence ». Le Casip est gestionnaire de plusieurs fonds ou legs consacrés à l’éducation des plus jeunes, selon les souhaits de leurs donateurs. Concrètement c’est la Commission des Bourses de chaque organisme qui étudie les demandes des étudiants et leur attribue les bourses s’ils répondent aux critères. Il y en plusieurs et toutes ne sont pas du même montant.

Ainsi, la Fondation Bischoffsheim située aux Pays Bas verse une subvention annuelle au Casip afin qu’elle soit redistribuée en bourses étudiantes. Les demandes peuvent passer par les associations partenaires ou directement par le Casip. La commission travaille beaucoup avec l’OPEJ qui connait, de par ses activités majeures en faveur des plus jeunes, beaucoup de cas en situation difficile. Dans ce cas, c’est l’OPEJ qui reçoit les dossiers et une vingtaine de bourses sont ainsi attribuées chaque année, avec possibilité de renouvellement.

Un autre partenariat avec l’APAJ, l’Association Pour l’Assistance à la Jeunesse, permet d’octroyer à des étudiants post bac, tous niveaux et toutes filières confondues, une somme allant de 600 à 800 € dans l’année, renouvelable. Il existe également le Fonds Pessa et Rebecca Blumenkopf, du nom de deux sœurs disparues en déportation, qui s’adresse aux étudiants français qui font leurs études en Israël ou à des étudiants Israéliens venus faire des études en France. Une douzaine de bourses de 1000 € en moyenne sont octroyées chaque année.

On retiendra l’exemple de ce jeune styliste israélien venu faire un stage de broderie dans la prestigieuse Maison Lesage, ou de ceux venus passer un master Science-Po à Paris.

Il y a également la possibilité d’obtenir un prêt d’honneur à taux zéro grâce à la fondation Fanny Schwarzmann. A l’origine la donatrice souhaitait aider des étudiants de la filière médicale à s’installer professionnellement. Aujourd’hui l’attribution a été élargie aux autres secteurs professionnels. Le prêt peut s’élever jusqu’à 3800 € et les bénéficiaires ont jusqu’à 3 ans après leur installation pour rembourser.

Deux autres bourses dépassent le cadre des études post Bac et soutiennent la recherche ou des initiatives en faveur de l’éducation. La Bourse Zanéa Caroubi encourage les travaux de recherche sur l’action sociale, l’immigration juive et les institutions juives de France ou encore sur la reconstruction du judaïsme français et les survivants de la Shoah. Universitaire d’origine allemande, Dorothea Bohnekamp a pu ainsi bénéficier de 5000€ pour achever son livre sur les juifs allemands refugiés en France durant la seconde guerre mondiale et qui sont resté vivre ici : « Sans cette aide je n’aurais pas pu aller autant de fois à Berlin, et découvrir le rôle politique que ces anciens réfugiés ont joué dans la réconciliation Franco-Allemande » témoigne-t-elle.

Enfin le Fonds Namias-Chabert, dédié à la lutte contre l’ignorance, peut verser d’importantes subventions en faveur de projets qui défendent l’éducation.

Comme le dit le proverbe juif : « On ne peut donner que deux choses à ses enfants : des racines et des ailes ». Et il suffit parfois d’un peu d’aide pour bien accrocher les ailes !