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Edito : les nouveaux défis de l'école juive

L’école juive en France est un secteur en continuelle évolution et restructuration. C’est probablement là le propre de l’éducation dynamique, qui ne peut se contenter pour demain des résultats d’hier.

Bien sûr, elle est confrontée aux problématiques pédagogiques communes aux structures éducatives en France :

À la fois la recherche de qualité, d’efficacité dans les apprentissages et de modernisation des méthodes d’études, et l’enseignement des valeurs à travers le concept rassembleur du « vivre ensemble » qui regroupe la lutte contre les préjugés de tout ordre et la citoyenneté.

Sur ces deux axes, l’école juive répond par le renforcement de la formation de ses maîtres, dans le cadre du CAMPUS-FSJU, aussi bien des enseignants de matières générales que ceux de matières juives. Tout enfant accueilli à l’école juive a le droit au meilleur pour lui permettre d’accéder à sa réussite scolaire, puis professionnelle, mais également, personnelle et identitaire. Des pas significatifs sont faits, chaque année, dans ce sens, mais il nous reste encore une marge de progression.

Service familial

L’école juive est également confrontée à d’autres besoins autour de l’accueil du plus grand nombre, de ceux qui en expriment la demande.

Malgré les difficultés économiques de certaines familles et le coût inhérent à une structure privée, l’école juive doit être ouverte à tous les milieux sociaux. C’est pourquoi des dispositifs de bourses, notamment autour de la cantine, sont mis en place avec le soutien de la Fondation Gordin. Personne ne doit être empêché de manger à la cantine, le midi, pour des raisons sociales.

Pour mémoire, la Fondation Rachel et Jacob Gordin consacrée au secteur scolaire, regroupe la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, la Fondation Rothschild – Institut Alain de Rothschild, la Fondation Sacta/Rachi, le Fonds Harévim et le Fonds Social Juif Unifié.

L’école juive doit également s’adapter à la prise en compte de la difficulté scolaire et du handicap. Ces dernières années, plusieurs classes ULIS (Unités Localisées pour l’Intégration Scolaire) ont été contractualisées, mais le financement des AVS (Assistantes Vies Scolaires) pour les enfants en difficulté d’apprentissage reste une réelle problématique, surtout lorsque la classe est encore Hors Contrat, faute de moyens étatiques disponibles.

L’accueil des enfants quittant l’école publique pour des raisons sécuritaires et entrant à l’école juive pour la première fois est le défi du moment. Ces élèves ont souvent besoin de remises à niveau en enseignement général et de soutien psychologique, en plus de cours de rattrapage en études juives. Cette démarche est accompagnée par les Bourses Benjamin Gross de la Fondation Gordin.

Forte de ses 31 700 élèves, l’école juive n’a jamais été aussi dynamique et bien portante. Cependant, elle a sans arrêt de nouveaux défis à relever.

Ces soucis qualitatifs ne sont-ils pas nécessaires pour ne pas se laisser prendre par la routine et les lauriers d’hier ?


Patrick Petit-Ohayon Directeur de l’Action scolaire du Fonds Social Juif Unifié